Royal Crackers : Les déboires croustillants d’une famille

Royal Crackers était autrefois le roi des biscuits, mais l’empire s’écroule lorsque le patriarche et fondateur tyrannique de l’entreprise, Théodore Hornsby Sr., tombe dans un « super coma ». Malgré leur absence totale de talent et de sens des affaires, les autres membres de la famille Hornsby vont tenter de redonner ses lettres de noblesse à Royal Crackers.


Argent. Pouvoir. Famille. Crackers. Voici quatre mots qui décrivent explicitement la nouvelle série inédite d’Adult Swim, Royal Crackers. S’inscrivent dans la lignée des séries comme Succession ou encore Arrested Development, cette série tourne autour d’un héritage familial. En l’occurrence, ici le contrôle total de la société Royal Crackers fondée par le patriarche de la famille, tombé dans un “super-coma”, dont sa potentielle mort plane au-dessus de l’intrigue.

D’ores et déjà renouvelé pour une seconde saison, Royal Crackers est une série très sympathique où on prend un certain plaisir à suivre les déboires de la famille Hornsby. Voici notre avis (celui de Jojo Tout Cour et Epsilon Delta) sur les 3 premiers épisodes, que nous avons pu découvrir. Cette critique est accompagnée d’une micro interview du staff et du casting de la série, dont nous remercions encore Adult Swim / Warner Bros. Discovery pour cette rencontre.


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On entame doucement le paquet

La série présente la famille Hornsby, dont le patriarche a fondé la marque de crackers préféré des Américains (enfin, presque). On retrouvera Stebe, le père de famille qui essaie au mieux de gérer l’entreprise avec sa femme, Deb. Avec eux, on retrouvera le frère de Stebe, Theo Jr., bassiste à en devenir (ou en rêver) et Matt, le fils de Stebe et Deb.

La famille Hornsby (Royal Crackers)
La famille Hornsby (Royal Crackers)

Tombé dans un “super-coma”, Théodore Hornsby Sr. est remplacé par son fils, Stebe pour diriger l’entreprise. Mais c’est sans compter sur l’état catastrophique de l’entreprise en grande difficulté, ce qui amènera à des situations plus désopilantes les unes que les autres, voire complètement loufoques. Subtile mélange d’une critique satirique de la société (marque de fabrique d’Adult Swim) et d’histoires et scrutations absurdes et allant jusqu’au bout, ces 3 premiers épisodes de Royal Crackers ne se démarquent cependant pas spécialement, en comparaison des autres productions du label (comme Rick et Morty ou encore The Eric André Show). Cependant, nous passons un très bon moment devant ces premiers épisodes en espérant que la série trouvera vite cette saveur unique à l’avenir d’ici la fin de la saison.

« Quand on a commencé à créer une nouvelle série, c’était à l’époque où la saison 2 de Succession sortait sur HBO. J’aimais beaucoup cette série et j’étais fatigué à l’idée de devoir créer une nouvelle série, alors j’ai dû me demander « Comment tomber amoureux d’un nouveau projet ? ». C’est alors que j’ai commencé à créer ce concept qui inclut plein de choses que j’aime. »

Jason Ruiz (producteur exécutif et créateur de Royal Crackers) pour Konata Nekoyama

Au niveau du packaging

Du côté de la réalisation, on retrouve ce côté un peu façon Griffin de par ses situations loufoques et ses dérives narratives, et visuels et les impertinences de certaines répliques et actions sans contexte qui ne manqueront pas de faire rire le spectateur. Une recette classique, mais qui fonctionne toujours autant. Au-delà de ça, la patte artistique de la série nous fera penser à une caricature d’univers comme Le Parrain ou encore Breaking Bad fusionnés à la direction artistique type Beavis et Butt-Head ou encore Les Rois du Texas. Un côté western / mafia qu’on retrouve notamment du côté de la musique, notamment celle du générique, qui nous présente en image l’évolution de la famille, de la création de la société à aujourd’hui, sous un morceau qui nous rappelle sans mal ceux de La Tarologie du Dollar.

Ce qu’on apprécie dans Royal Crackers, c’est surtout sa double narration. D’un côté, nous vivons les aspects tragi-comiques de la famille, loufoques aux possibles. Tout en usant indirectement d’un fil rouge. Un fil rouge sur l’espérance de vie du patriarche et sur cette constante tension familiale sur la reprise de l’entreprise entre Stebe et son frère Theo Jr. Ce qui ne manquera pas de mettre en avant certaines tensions.

« C’est un choix purement esthétique. J’ai grandi avec le cartoon Beavis et Butt-head et tous ces genres de cartoons dessinés à la main. Hélas à notre époque c’est très difficile de créer une série animée à la main comme celle-ci. Alors j’ai voulu utiliser un style qui pouvait – au possible – imiter ces dessins animés avec lesquels j’ai grandi. »

Jason Ruiz (producteur exécutif et créateur de Royal Crackers) pour Konata Nekoyama

On retiendra surtout l’épisode 3 avec des poulets zombies (oui, c’est bien ça), où la réalisation réussit à imposer avec brio une ambiance lourde dans une série originalement comique. Donnant à Royal Crackers le statut de série qui flirte avec le genre expérimental. Un sublime mélange des genres qu’on espère revoir de sitôt !

Royal Crackers
© 2022 The Cartoon Network, Inc. All Rights Reserved.

Des personnages uniques

Au niveau des personnages, on retiendra notamment Deb, mère de famille au caractère fort et peu tempéré. Théo, frère de Stebe, cette rock star oubliée de tous. Darcy l’avocat complètement dingue, voire complètement incompétent. Matt, le fils de Stebe et Deb, un peu cette victime collatérale de chaque mésaventure, mais qui semble arriver à s’en sortir, peu importe ce qu’il se passe. Et bien sûr, Stebe, qui fait office de caricature de l’homme d’entreprise qui n’arrive pas à assumer la responsabilité de son poste. Entre autres, Royal Crackers nous offre une galerie de personnages variés, entre les grandes gueules et les introvertis.

« La chose que j’ai aimée le plus chez Deb, c’est son agressivité, à quel point elle se fiche d’être aimée par les autres, mais aussi son côté protecteur envers sa famille. »

Jessica St. Clair, l’interprète originale de Deb pour Konata Nekoyama.

« J’aime beaucoup Darcy. C’est un homme de parole qui suit toujours ses idéaux. Il prend son travail très au sérieux et tient beaucoup à cette famille. Il veut faire tout son possible pour les aider. »

David Gborie, l’interprète original de Darcy pour Konata Nekoyama.

« Ce que j’ai aimé chez Matt, c’est qu’il est lent et peureux. Mais je pense qu’au fond de lui, il est fort. Il garde les choses à l’intérieur de lui jusqu’à ce qu’elles explosent. »

Maile Flannagan, l’interprète original de Matt pour Konata Nekoyama.
Royal Crackers
© 2022 The Cartoon Network, Inc. All Rights Reserved.

Des interpètes croustillants

Bien que ces personnages soient ici totalement différents, ce qu’on aime par-dessus tout c’est le lien profond qui les unis. Ce lien de famille plus fort que tout, en quête de pérennité pour leur entreprise. On aimera notamment l’interprétation excellente avec laquelle les comédiens prêtent leur voix à ces drôles de protagonistes. Nous avons pu leur demander quel était leur passage favori durant l’enregistrement de cette première saison.

« Je crois que c’est dans l’épisode 3, Deb se bat contre des poulets zombie et finit couverte de sang, tout en portant un pantalon confortable. »

Jessica St. Clair, l’interprète originale de Deb pour Konata Nekoyama.

« Personnellement, c’est quand mon Darcy a eu un accident en mangeant ces burgers qu’il n’était pas censé manger, et il s’encastre dans la fenêtre du cabinet d’avocat où travaille sa fille. C’est toujours très drôle de jouer une diarrhée dans un cartoon ! »

David Gborie, l’interprète original de Darcy pour Konata Nekoyama.

« Pour moi, c’est à la fin du troisième épisode quand Matt résume tout ce qu’il vient de se passer par une simple phrase : ‘’c’est la merde’’. Je me dis qu’on pourrait dire ça à la fin de chaque épisode ! »

Maile Flannagan, l’interprète original de Matt pour Konata Nekoyama.
Royal Crackers
© 2022 The Cartoon Network, Inc. All Rights Reserved.

Même si la série à encore quelque peu de mal à se démarquer, Royal Crackers reste un chouette divertissement. On suit avec enthousiasme les étonnantes et absurdes mésaventures des Hornsby. Les personnages sont originaux et pleins de répartis. Les situations varient entre la critique sociétale et le surréelle offrent à la série un aspect tragi-comique satirique. On regrettera néanmoins le manque cruel de prise de risque dans ces trois premiers épisodes, notamment pour une série Adult Swim. Bien sûr, la série ne fait que commencer, et nous souhaitons à cette série le meilleur démarrage possible, notamment avec sa seconde saison déjà en chantier, qui on l’espère, sera croustillante.

TITRE ORIGINAL : Royal Crackers
GENRE : Comédie
TECHNIQUE : Animation 2D
NB ÉPISODES & DURÉE : 10 épisodes de 25 minutes
PAYS : États-Unis
CRÉATEUR : Jason Ruiz
AVEC : Jessica St. Clair, Jason Ruiz, Andrew Santino & Maile Flannagan
PRODUCTION : Titmouse
DISTRIBUTEUR FR : Adult Swim (Warner Bros. Discovery)
ANNÉE : 2022
© 2022 The Cartoon Network, Inc. All Rights Reserved.
Article rédigé mutuellement par Jojo Tout Cour et Alexandre David

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