Junk Head : Premier volet d’une trilogie déjà culte

Dans un futur lointain, et à force de manipulations génétiques, l’humanité a réussi à atteindre une quasi immortalité. Cependant, elle a perdu la possibilité de se reproduire et court à l’extinction. Afin d’enquêter sur les secrets de la procréation, un homme est envoyé au plus profond de la terre, là où vivent des clones mutants prêts à se rebeller contre leurs créateurs…


7 ans, 140 000 prises de vues, 1 seul homme : Takahide Hori, réalisateur à qui nous devons ces chiffres impressionnants que représente l’inoubliable JUNK HEAD, dont nous allons vous parler aujourd’hui. Véritable phénomène au Japon, JUNK HEAD est un long-métrage absolument audacieux sur tous les plans. Utilisant le stop motion avec des décors et des personnages fabriqués entièrement à la main, le long-métrage se démarque également par son emprunt à la culture underground, au shōnen et à la science-fiction hollywoodienne.

une œuvre complète et grandiose 🧭

Ce qu’on retiendra en grande partie sur ce film, c’est l’univers étrange et dystopique développé par Takahide Hori. Véritable puits sans fond où la loi du plus fort règne en maître parmi toutes ces étranges créatures et ces drôles de personnages, aussi attachants les uns que les autres (mais on y reviendra plus tard). Malgré une ambiance très sombre et cet aspect de danger qui règne dans ces immenses espaces souterrains où le spectateur s’enfonce petit à petit avec le héros principal, il est impossible de ne pas être captivé, voire émerveillé par la beauté froide et contemplative de cet univers.

Notre héros est transporté pour une mission de récupération au centre de cet univers souterrain, en quête d’un moyen qui permettra à l’humanité de retrouver le secret de la reproduction, perdu au favoritisme de l’immortalité. Une chose est certaine, sa mission n’est pas de tout repos ! Tombant en profondeur, nous découvrons avec lui, des personnages loufoques et attachants comme l’incroyable trio de chasseurs de monstres, le scientifique, ou encore l’ensemble des personnages d’un village / usine de gestion de conduits de fumées. On appréciera également la grande variété et qualité du bestiaire du film, on y découvre des créatures uniques parfois mignons, d’autres glauques voir certains carrément bizarres, mais qui nous fascinent tous, sans exception (qui plaira d’ailleurs aux amateurs de The Forest à coup sûr !)

Une réalisation audacieuse 🎬

Malgré quelques petites longueurs au début, ce premier volet de la trilogie JUNK HEAD se démarque par une parfaite mise en abyme de la backstory de l’univers qui nous est présentée de façon très sobre. Une façon qui rappelle bon nombre de films de science-fiction. La réalisation y est audacieuse, Takahide Hori, maître de son univers, ne se prive pas de composition de cadres pertinents. On appréciera également la variété des mouvements de caméra jouissifs, notamment lors des scènes d’actions ou de courses poursuites. Mention spéciale à la bande originale, qui, bien que cette dernière ne se démarque pas spécialement, Takahide Hori et Yoshiki Kondode dotent à JUNK HEAD une variété non négligeable de genre musicaux, accompagnant pleinement chaque instant du long-métrage : allant de l’électro au blues.

On reste côté sonore, avec un point particulièrement fascinant de JUNK HEAD, c’est bien-sûr le langage des personnages ! Ici pas de japonais, anglas ou de français… nos personnages parlent ici une langue imaginaire, semblant mélanger du japonais, de l’anglais, voire même un peu de russe de ce qu’on a pu déceler. Encore une fois, preuve que Takahide Hori, maîtrise son univers sur le bout des doigts.

Un univers entier fabriqué à la main 🔨

Impossible de terminer cette critique sans saluer le travail titanesque de Takahide Hori et du studio YAMIKEN : 7 ans de travail, 140 000 prises de vues, 1 seul homme à la réalisation, aux voix des personnages, au storyboard ou encore au scénario et au montage… JUNK HEAD est définitivement plus qu’un long-métrage unique en son genre, c’est une œuvre d’art qui mérite d’être vu par le plus grand nombre ! Nous avons hâte de nous retrouver dans 7 ans pour découvrir le nouvel opus de cette grande aventure. D’ici là, on espère que JUNK HEAD se retrouvera parmi les classiques des films en stop motion, au même rang que les longs-métrages de LAIKA Studios (Coraline) ou encore Aardman (Wallace et Gromit).

NOTE DE LA RÉDACTION : 5/5

En plus d’être techniquement grandiose, JUNK HEAD est une bouffée d’air frais à la fois audacieuse et résolument moderne. On y ressent immédiatement ses emprunts à la culture underground, au shōnen et à la science-fiction hollywoodienne. On y appréciera grandement ses personnages uniques et attachants et son bestiaire diversifié. Un must see à ne pas manquer !

TITRE ORIGINAL : Junk Head
GENRE : Science-fiction
TECHNIQUE : Stop motion
DURÉE : 100 minutes (1h40)
PAYS : Japon

DATE DE SORTIE FR : 18 mai 2022
RÉALISATION : Takahide Hori
AVEC : Takahide Hori
PRODUCTION : YAMIKEN
DISTRIBUTEUR FR : UFO Distribution

© 2017 YAMIKEN

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