Rencontre avec François Descraques et Florent Dorin pour Le Visiteur du Futur

Après la série web phénomène, des adaptations en manga, BD ou en romans, Le Visiteur du Futur arrive enfin sur grand écran près de 8 ans après la fin de la série éponyme. Pour l’occasion, nous avons eu la chance d’échanger avec la créateur et réalisateur François Descraques et Florent Dorin, le comédien interprétant Le Visiteur depuis 2009.

Cette interview a été réalisée conjointement avec les médias TVHLAND et Dojindo. Elle est également disponible en version vidéo sur notre chaîne Studio JM Production.

(Dojindo) Quelle a été la plus grosse difficulté à passer d’une série web au grand écran ?

François : La plus grosse difficulté à passer d’une série web au cinéma, c’est de passer 8 ans à faire le film. Il faut être patient, car ce ne sont pas les mêmes processus ni les mêmes financements… C’est pas tant qu’il faut beaucoup d’argent, c’est qu’il faut beaucoup de personnes prêtes à mettre de l’argent, et qu’ils se mettent d’accord dans un cadre ou ce genre de film [Le Visiteur du Futur] qui mélange comédie, science-fiction et surtout adapté d’une série web, ça n’existe pas du tout. C’est pour cela que ça met du temps, qu’il faut être patient et surtout ne rien lâcher. Et heureusement nous avons des bons producteurs qui ne lâchent rien, et qui m’ont dit plusieurs fois “On le lâchera rien !” et ça fait vraiment plaisir, car même moi j’étais prêt à abandonner, parfois. Mais ils étaient tous là, et nous avons pu faire ce film grâce à eux !

(Konata Nekoyama) Comment décririez-vous en un mot le parcours du Visiteur du Futur, de sa création jusqu’à aujourd’hui ?

François : Un mot pour décrire toute cette aventure ? C’est d’acheter le livre qui sortira à la rentrée “Le Visiteur du Futur : Rétrospective” (Ed. Bragelonne) qui raconte comment nous avons créé toute la série ! Ce ne sera pas un mot, mais plutôt un objet de 250 pages (rires) ! Mais pour résumer, Le Visiteur du Futur, c’est une aventure familiale spontanée. C’est vraiment un mélange entre une bande de potes et de professionnels qui prennent le temps de s’améliorer au fil du temps.

Florent : Et sur ce point là, quand nous avons commencé Le Visiteur du Futur, même si n’étions qu’au début et qu’on avait des moyens très modestes, nous savions déjà qu’on voudrait vivre de notre métier et devenir des professionnels. C’était un vrai terrain d’expérimentation qui nous a confirmé que c’était ça qu’on voulait faire et nous a donné la force de tenter d’autres projets à côté et de cumuler d’autres expériences qui n’avaient rien à vous avec Le Visiteur. Et aujourd’hui, le fait d’être au cinéma nous conforte d’autant plus dans l’idée de nous dire qu’on a bien fait de continuer sur ce terrain là, et de constater qu’on ne s’est pas planté ! Et surtout le public qui nous suivait à l’époque sait d’où nous venons et comment nous avons commencé. Et voir qu’il est encore avec nous, c’est constater que la famille est très large.

François : Absolument ! Les gens qui nous ont suivis au départ ont aujourd’hui plus de barbe que nous, ils ont des enfants… et ils vont voir le film en famille. C’est vraiment une aventure partagée entre nous et le public.

© Pyramide Productions

(TVHLAND) Qu’est ce qui a inspiré le film et le scénario ?

Florent : Alors je ne suis pas du tout scénariste, donc ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Néanmoins… (rires) Je me suis souvenu de quelque chose. Toutes les saisons du Visiteur, dans le cœur de leur dramaturgie et de l’histoire, font échos à des moments de la vie de François.

François : Disons qu’une des questions sous-jacentes du film, c’est le rapport entre un père et sa fille. J’ai pu le voir entre mes parents et moi-même, mais aussi entre moi, aujourd’hui jeune père et mon enfant. Mais quand je l’ai écrit, je n’avais pas d’enfant. Du coup au début je partageais le point de vue de la jeune fille, et maintenant je suis plus le boomer… le daron (rires) donc ça y fait un échos ! L’histoire est celle d’un père et sa fille qui sont embarqués dans le futur et chacun va découvrir comment ils vont influencer l’avenir de la terre. C’est vraiment le thème du film qu’on pourrait qualifier de conflit générationnel. C’est un peu abstrait, je sais, c’est pour vous encourager à aller voir le film (rires).

(Dojindo) Faut-il avoir lu le livre “La Meute” pour comprendre le film ?

François : Pour voir le film, il faut juste acheter une place de cinéma (rires) c’est le seul prérequis pour comprendre. Après si on a vu la série c’est cool, si on a lu “La Meute” c’est encore mieux, car un personnage inédit du livre y fera son apparition pour la première fois à l’écran. Mais comme le film est écrit du point de vue de deux nouveaux personnages (le père et la fille) qui sont embarqués dans le futur, on est un peu comme eux, on est un peu perdus et on découvre cet univers à travers leurs yeux. La lecture du bouquin n’est pas nécessaire, mais il reste néanmoins un petit plus !

Florent : Et pour finir de répondre à ta question, l’idée du film c’est d’amener un autre public que celui qui nous connaît et d’amener un autre public que celui d’Internet. Cependant je ne parle pas de le trahir, bien sûr. Je suis convaincu que les gens qui ont vraiment cette culture de la web série et de la culture pop ne verront pas le visiteur en disant “ils ont vendus leur âme, ça ne respecte pas le visiteur” ou encore “ils ne sont plus ce qu’ils étaient”… Pas du tout ! C’est vraiment la continuité logique de notre travail et le respect du public à qui on doit tellement. Il était hors de question de se dire “Tant pis s’ils ne trouvent pas leur compte”. Mais pour autant, si je peux me permettre de parler au nom de François, il ne s’est jamais évertué saison après saison à donner au public exactement ce qu’il attendait. Et pour autant les gens ont toujours continué de nous suivre !

François : En effet, même si à chaque nouvelle saison on a toujours eu des “c’était mieux avant”, alors pour le film ce sera peut-être pareil, évidemment. Mais c’est toujours dans la continuité de ce qu’on a fait avant, à savoir prendre un risque, raconter une histoire avec d’autres personnages, ne pas être là où on nous attend… on l’a toujours fait dès la saison 1, avec l’épisode 5 avec un nouveau personnage qui arrive, ou encore l’épisode 6 sans le Visiteur ! Le public a toujours été habitué à ce qu’on le surprenne. Par exemple, non seulement avec le film il y a des personnages issus du roman mais aussi du manga “La Brigade Temporelle”. Pour moi en tant que créateur c’était génial de mettre en image ces personnages qui n’existaient qu’au format papier et de les voir prendre vie, c’était génial. Et j’espère que les fans y prendront d’autant plus de plaisir à les redécouvrir.

© Pyramide Productions

(TVHLAND) Quelles étaient tes expériences de tournages dans la série et as-tu eu des difficultés à jouer le personnage du Visiteur ?

Florent : Non, je ne crois pas qu’il y ait eu de difficultés parce que je crois qu’au départ, si François m’a demandé d’être le Visiteur, c’est parce qu’il savait que j’avais une nature d’acteur qui pourrait aller facilement vers ce personnage. Clairement, c’était quelque chose que j’adorais faire, et il se trouve qu’à ce moment-là, j’étais au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Du coup, pouvoir faire Le Visiteur du Futur à côté, c’était hyper épanouissant ! Il y a plein de choses que je m’amusais quelque part à parodier du théâtre dans le personnage de Visiteur, ce qui fait qu’au début le personnage n’est pas très facile à cerner. On se dit que l’interprétation est très bizarre, mais c’est ce qui fait son charme ! Et au fur et à mesure, à force à force de l’interpréter au fil des histoires et des saisons, on l’a dessiné plus précisément pour arriver au personnage du film. Le film, c’est vraiment la continuité, s’il y a autre chose après, le personnage continuera d’évoluer. La chose qui diffère ici, c’est qu’il y a du temps qui a passé entre la fin de la saison 4 [ndlr. Néo-Versailles] et le film, on change, nous ne sommes plus les mêmes et je pense que subtilement, ça se perçoit à travers nos personnages.

François : Et surtout on a travaillé ensemble, c’est-à-dire que je ne lui ai jamais présenté le scénario au dernier moment en disant “Ok, action !”. À chaque fois qu’on a eu des nouveautés sur le personnage ou un nouveau background, il était le premier au courant. Il a lu le roman “La Meute” qui présente aussi beaucoup le background du Visiteur. De ce fait, ce n’est pas tant qu’il a eu des difficultés, c’est juste qu’on s’est mis des challenges à chaque fois pour aller plus loin, et on a travaillé ça le plus en amont possible. Et sur le film, nous avons fait comme d’habitude. On a fait des réunions lui et moi, pour être sûr qu’à chaque scène nous avions le bon axe, et comme ça, sur le tournage, on avait le moins de problèmes possibles. Parce que sur un tournage, les problèmes sont souvent plus techniques, logistiques et météorologiques. Et plus on a balisé les problèmes artistiques d’interprétation, plus nous étions relax sur le tournage à ce niveau-là.

(Konata Nekoyama) Qu’est ce que ça fait de revenir à la réalisation du Visiteur du Futur et d’interpréter à nouveau le Visiteur ?

François : Au niveau de la réalisation, ce qui est intéressant, c’est que chaque saison, c’était une nouvelle caméra. Plus les saisons elles avançaient et plus la caméra était grande, et mon inquiétude ça a toujours été d’être trop loin des comédiens. Et logiquement, plus la caméra grandit, plus je suis éloigné. Donc au final, sur le film au début, je n’osais pas trop être au niveau de la caméra. Je me dis qu’ici “c’est un long-métrage je ne suis pas censé cadrer” mais j’ai très vite changé d’avis (rires). Ce n’était pas tant pour maîtriser le cadre, c’était aussi pour être très proche des comédiens et ne pas avoir à crier avec un haut-parleur, comme on peut imaginer le cinéma des années cinquante. Je n’étais pratiquement jamais assis, car c’était important pour moi de garder cette proximité avec les comédiens pour ne pas qu’ils se sentent perdus. Pour ce qui est du costume du Visiteur, c’était à la fois le même, mais pas du tout le même (rires) !

Florent : Oui, le costume a bien changé parce que là, ce n’était plus nous qui allions faire le tour des friperies pour essayer de trouver un truc qui ressemblerait vaguement à un voyageur temporaire / clodo. Pour le film il y a eu une vraie équipe de costumiers dirigée par Cécile “Sikay” Auclair, la costumière en cheffe qui a vraiment repris le costume.

François : Le costume a vraiment été fait sur-mesure à partir de matériaux bruts. Il n’a pas été acheté.

Florent : Exactement il a été créé de toute pièce et ça fait une grosse différence. Ne serait-ce qu’en termes de confort. Bien sûr ce n’est pas un caprice en mode “je préfèrerais de la soie” (rires). Mais c’est vraiment juste la sensation de se sentir portée par le costume c’est très important ! Les retrouvailles avec les personnages commencent d’abord par le costume. Et c’est très émouvant de sentir que tout commence par-là. C’est presque comme si on venait coudre quelque chose sur toi, comme dans Saint Seiya quand l’armure se forme, tu sent une puissance incroyable jaillir en toi (rires) !

© Pyramide Productions

(Dojindo) Est-ce qu’il y aura une suite ? Au cinéma ou sur d’autres supports comme il y a déjà eu avec les BD, les romans ou les mangas ?

François : Pour l’instant, le film, c’est notre priorité. On veut vraiment qu’il existe le mieux possible. L’avantage du Visiteur du Futur, c’est que c’est un univers qui peut se déployer et évoluer de plein de façons différentes.

Florent : On vous dit pour le parc d’attractions Le Visiteur du Futuroscope (rires) ?

François : Donc pour l’instant, le film est notre priorité. Puis on a le manga “La Brigade Temporelle” qui ressort en version intégrale à la rentrée. Le roman “La Meute” qui ressort avec une nouvelle couverture et une nouvelle préface, puis le livre de Bragelonne qui retrace notre aventure. Ce qui est déjà pas mal pour l’instant. Mais tout est possible avec Le Visiteur du Futur ! Il faut savoir qu’à chaque fois qu’on sort une nouvelle saison, ou le film en l’occurrence, c’est comme si c’était le dernier. On ne le fait pas en se disant que c’est le premier volet d’une trilogie, etc. Non, pour l’instant c’est un film. Et si c’est la dernière fois qu’on nous voit très bien, si on peut continuer c’est très bien aussi !

(TVHLAND) Sur quel support ou plateforme sera proposé le film après sa sortie au cinéma ?

François : Le film a été fait pour le cinéma, dans le sens où il a été financé par des gens qui font du cinéma et pas par des plateformes (ndlr. Type Netflix, etc.). De ce fait, il s’inscrit dans une chronologie des médias liée au cinéma. Donc il sortira dans un premier temps dans les salles, puis plus tard il sera diffusé sur France 2, puis sur OCS puis sur Ciné+ et après on ne sait pas ! C’est d’abord ce circuit qui va devoir être fait, car c’est eux qui ont mis de l’argent sur le film. Si une plateforme souhaite acheter les droits pour l’ajouter à son catalogue pour une durée limitée, c’est possible mais ce sera bien plus tard, car ils n’ont pas financé le film. Pour le moment la priorité reste la sortie cinéma puis les diffusions à la télévision.

(Dojindo) Était-ce sur de réunir le casting original ?

Florent : La plus grosse difficulté, c’est surtout de faire en sorte que ce soit possible de se réunir (rires) !

François : La première chose que j’ai expliquée aux gens qui allaient faire le film avec moi, c’était que les personnages issus de la série allaient être joués par les mêmes comédiens. C’est vraiment la première chose que j’ai balisée, on m’a dit qu’il n’y avait aucun souci ! Mais le plus compliqué c’était justement de trouver des créneaux pour que les emplois du temps de chacun s’agencent. Parce que les comédiens qui ont fait la série originale ont heureusement d’autres projets à côté. Par exemple, des gens comme Florent Dorin ou Slimane-Baptiste Berhoun sont beaucoup demandés ailleurs. Donc trouver un créneau où tout le monde est disponible, c’est ce qui a été le plus compliqué. Mais on a vu avec le Covid que parfois on a beau tout planifier, il faut parfois tout recommencer. On a littéralement tourné avec un an de décalage à cause du Covid, justement.

© Pyramide Productions

(Konata Nekoyama) Combien de temps a duré la production du film, de son développement jusqu’à la copie 0 ?

François : Il y a toujours une période un peu flou avant que le film soit financé, qu’on appelle le développement, justement et qui a duré des années en comptant l’écriture du scénario. On était vraiment sur six ans de développement. Et au moment où vraiment le film a vraiment commencé à être mis en financement pendant 1 an, ça s’est immédiatement arrêté à cause du Covid. On a repris jour pour jour, un an plus tard. Soit deux ans de financement et six ans de développement.

(Konata Nekoyama) Quel challenge a procuré l’adaptation du Visiteur du Futur sur grand écran ?

François : Chaque saison du futur avait approximativement la durée d’un long-métrage. C’est pour ça que c’était pas anodin, je savais à peu près dans quel format aller se mettre.. Le plus compliqué, ce n’est pas tant le format en termes de minutage, mais l’accessibilité du film. Comme je l’avais dit tout à l’heure, le fait d’écrire le film pour qu’il soit ouvert aux plus de monde possible, tout en étant un film qui récompense les fans c’est un vrai challenge. C’est aussi pour ça que ça a mis 6 ans. C’est pour ça que j’ai fait plein de versions différentes avec de nombreuses fausses pistes. C’était vraiment long et très compliqué artistiquement. Après, ce qui était également compliqué, c’était financièrement de convaincre des producteurs, qui font du cinéma plus classique, de s’intéresser à une licence comme Le Visiteur du Futur. C’était vraiment un autre type de challenge, et j’ai pu le faire avec des partenaires comme Pyramide Productions, qui m’ont vraiment défendu ! Car ils ont à la fois un pas dans le milieu geek et un pas dans le milieu du film d’auteur, et ils s’évertuent à faire le lien entre ces deux mondes. C’était difficile parce qu’on avait tout à prouver : On a beau faire quatre saisons et des millions de vues sur YouTube… pour les gens du cinéma, ça ne vaut pas grand-chose tant que ça n’a pas fait des millions d’entrées ! Donc on a dû vraiment trouver les bonnes personnes. On a aussi un producteur, Frédéric Bouté, qui a beaucoup aidé le film au dernier moment où nous avions le plus besoin de compléter le budget. Puis le distributeur KMBO a rejoint l’aventure, et qui nous a permis de faire un film qui ressemble à un film du Visiteur du Futur ! Parce que c’est aussi ma plus grande fierté sur ce film, c’est que tous les gens que je cite ont aidé au film ! Finalement, les gens ne vont pas forcément s’en rendre compte. Ça va être assez invisible pour les spectateurs qui auront l’impression de voir un film du Visiteur du Futur “normal”, alors qu’en fait, il y a eu plein d’autres gens qui ont travaillé derrière, dans notre sens.

(Dojindo) Quel était le budget du film ?

François : Le budget du film c’est 4,5 millions d’euros. Ce qui à l’échelle d’une production interne est énorme, mais à l’échelle du cinéma français c’est la moyenne basse. On est sur le budget d’un gros film d’auteur si vous préférez. C’est un tiers de Kaamelott je crois. Du coup, on était dans un entre-deux, d’un côté on n’a jamais eu autant d’argent, et de l’autre, on a dû utiliser tous notre savoir-faire d’Internet et de la débrouille, de comment bien préparer les choses pour faire en sorte que ça rentre dans le budget notamment. Je pense principalement aux effets spéciaux, la plupart ont été faits de la même façon que la série. De ce fait, toute notre expérience sur la série a vraiment servi dans le film. Je pouvais dire aux équipes “Oui, ça va faire comme ça”, “Les coups de feu, on n’a pas besoin d’en faire des vrais parce que ça prend trop de temps sur le tournage”, ou encore la gestion des apparitions, disparitions, etc. On avait déjà une expertise à ce niveau là. Ça a permis de réduire un peu le budget. Même si au final, c’est grâce à des sociétés comme Mathematic et Fabulous qu’il y a eu un vrai upgrade visuel. C’est un mélange de compétences à la fois de professionnels du cinéma et d’expérience le sur le long terme des gens du web. Je pense d’ailleurs au futur post-apocalyptique, car c’est forcément là où on était attendu au tournant. Parce que, au début, dans la série, la blague c’était qu’on ne le montrait jamais. On voyait juste un gars venu du futur en mode “Oh là là ! C’est horrible le futur, je ne vous montre pas à quoi ça ressemble !” (rires) Mais après on se dit qu’il faut le montrer. Ce qu’on a fait un peu par bribes à travers la série. Pour le film on savait qu’il fallait montrer plus, et qu’il ne soit pas qu’en VFX. Il fallait le faire en vrai dans des décors, afin de pouvoir le filmer avec le plus d’angles possibles et pas non pas qu’à travers des fonds verts.

Florent : Il y a eu un énorme travail de déco par l’équipe. Nous avons tourné dans l’est de la France, du côté de Nancy et de Metz, où il y a des grandes friches industrielles désaffectées. Du coup on avait déjà une base de décor pour tourner le futur. Puis semaines en semaines nous passions d’un lieu d’une pièce à l’intérieur, à l’extérieur… et ça faisait comme une espèce de petit ballet, c’est-à-dire qu’on avait step up et des décors qui étaient prêts pour tourner les scènes. Pendant la semaine où on tournait dans le décor A, l’équipe déco était en train de construire le décor B. Et quand on était sur le décor B, ils partent dans une autre pièce pour construire le décor C. Ça s’est joué à pas grand-chose niveau timing, mais du coup ce qui était génial c’est qu’on était super nombreux, il y avait tous les corps de métier du cinéma qu’on ne voit pas forcément quand on est acteur, et encore moins quand on va tourner sur fond vert. Ici tout le monde était ensemble et c’était absolument génial. On a félicité l’équipe décor pendant qu’ils continuaient de peindre ! C’était très collégiale comme façon de tourner !

François : Et surtout, ça permettait aussi aux équipes de s’immerger dans le film. Pendant pratiquement un mois, on était dans le futur, surtout avec les acteurs acteurs qui vivaient, c’était vraiment cool ! Et moi, Ça me permettait de tourner une scène et le soir, j’allais dans l’autre pièce pour vérifier la déco et échanger avec l’équipe. Tout était accessible très facilement et ça me permettait par exemple de modifier mon découpage selon les installations.

© Pyramide Productions

(Konata Nekoyama) Un petit mot pour les fans et les néophytes qui ne connaissent pas la série ?

François : Franchement, si vous êtes fan du Visiteur du Futur, idéalement, je n’ai pas à vous convaincre. Mais je sais qu’aller au cinéma c’est plus compliqué que de cliquer sur un lien sur Internet. Donc merci d’avance, parce que c’est un investissement et ça prend du temps. On comprend pourquoi il y a de moins en moins de gens qui vont au cinéma, et on sait qu’il faut convaincre les spectateurs d’y aller… donc merci déjà à ceux qui font cet effort là. Et pour ceux qui ne connaissent pas la série, j’espère que vous aimez Arnaud Ducret, McFly et Carlito… il y a énormément d’entrées dans l’univers du Visiteur du Futur. Mais globalement, comme disait Florent, on a vu des gens qui ne correspondaient pas du tout à la cible, et qui ont adoré le film. Donc on pense que ça peut plaire à un public très large, petit ou grand !

Florent : Aux gens qui nous connaissent : We need you ! C’est une petite responsabilité aussi de faire cette démarche là, parce que certes, le cinéma ne va pas super fort. Mais ce film, il a été pensé pour le cinéma et c’est vraiment une expérience qui se valorise dans une salle de cinéma. Ce sera aussi un bon film sur un écran de télévision ou sur un smartphone, il n’y a pas de souci. Mais vraiment faites cet effort-là et allez-y soit en famille ou entre potes… faites prolonger l’expérience qu’on a tous de la série ! Et à ceux qui ne nous connaissent pas, il y a plein de choses rassurantes dans le film bien sûr. Mais surtout allez voir quelque chose que vous n’avez jamais vu en France. C’est un film français qui ne possède aucun élément de comparaison. Alors oui, forcément on se dit “Si je ne connais pas, pourquoi je vais mettre les pieds là-dedans ?”. Mais c’est un bon risque à prendre car le film est vraiment accessible, on n’est pas sur un truc expérimental ! Il y a de l’aventure, de la comédie, de la science-fiction et de l’émotion. Puis les nouveaux acteurs Enya Baroux et Arnaud Ducret qui jouent respectivement la fille et le père sont super touchant. C’est vraiment une histoire de famille, de gens qui se cherchent pour essayer de se comprendre… donc il y a tout ce qu’il faut pour faire un putain de bon film (rires) !

François : Et surtout c’est en allant voir le cinéma qu’on pourra en faire d’autres ! Pas que nous, mais toute une futur génération de jeunes créateurs et créatrices qui ont grandi avec des références Internet, science-fiction, de genre, geek… Tous ces gens-là vont peut-être bénéficier de l’opportunité de pouvoir faire leur film s’il y a un bon exemple comme ici avec Le Visiteur du Futur !

Florent : Effectivement, ça permettra de montrer aux grandes institutions du cinéma qu’il y a une place pour ce genre de film en France. Parce que le public va voir ce genre de film, on ne prend pas les gens pour des cons, ce n’est pas du fan-service… c’est plus humble que ça. Et voir Le Visiteur du Futur aidera ces générations !

LE VISITEUR DU FUTUR de François Descraques, avec Arnaud Ducret, Florent Dorin et Enya Baroux, dans les salles françaises le 7 septembre 2022 avec KMBO. Produit par Pyramide Productions.


Propos recueillis le 16 juillet 2022 par Jonathan “Jojo Tout Cour” Guetta pour Konata Nekoyama / Studio JM Production avec les questions de TVHLAND et Dojindo. Remerciements à Aurélie LebrunEmmanuelle Verniquet et Thomas Quinn de l’agence Games of Com.

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