Umihara Kawase : le meilleur platformer que vous ne connaissez pas !

Rien n’est plus sain que de partager ce qu’on aime. Après tout, une des volontés des membres de la rédaction de Konata Nekoyama est de partager les œuvres/artistes que nous aimons le plus.

C’est dans cette idée que moi, Epsilon Delta, vais vous présenter ce que je considère comme l’une des meilleures séries de jeux de plateforme du paysage vidéoludique : Umihara Kawase.

Qu’est-ce qu’Umihara Kawase ? 🤔

C’est une série de jeux de plateforme/réflexion, fruit d’une collaboration entre le programmeur Kiyoshi Sakai (qui a participé à Ape Escape) et le dessinateur Toshinobu Kondo. Mettant en scène les balades surréalistes de la jeune Kawase Umihara, elle a la particularité d’avoir un gameplay et un univers très atypique.

L’univers d’Umihara Kawase 🌏

Le monde de la série est tellement surréaliste qu’il peut être même décrit comme fourre-tout :
les niveaux sont composés dans la majorité de plateformes volantes, avec derrière des petits objets agrandis (tels que des affaires scolaires ou des légumes), les ennemis sont des poissons à deux pattes, il n’y a pas d’histoire, bref cette univers est difficile à décrire avec les mots.

L’univers du jeu dans Umihara Kawase Shun
L’univers du jeu dans Sayonara Umihara Kawase
Manuel d’Umihara Kawase Shun : Les ennemis de cet opus

Malgré ce côté expérimental, il est pourtant charmant : C’est créatif, les musiques des jeux sont superbes et les différents styles graphiques kawaii vont à merveille avec les différents jeux. Mais surtout, l’univers n’est pas le cœur d’Umihara Kawase. En réalité, toute la série est née et se repose sur son gameplay.

Un gameplay hors du commun 🕹

Les jeux consistent à terminer des niveaux en grimpant/descendant ces blocs avec un grappin. Le truc, c’est que non seulement ce grappin est élastique, faisant rebondir Kawase, mais on peut aussi modifier sa longueur : En appuyant sur Haut, on agrandit le fil, et sur Bas on la rétrécit. De plus, on peut neutraliser les ennemis en lançant notre grappin sur eux et en les ramenant vers nous avec Bas.

Manuel d’Umihara Kawase Shun : Agrandissement du fil
Manuel d’Umihara Kawase Shun : Neutralisation des ennemis

Bien évidemment, les niveaux exploitent tout le potentiel de ce mécanisme jusqu’au bout, permettant même de créer des techniques propres aux jeux. Bref, cet objet est le noyau du gameplay, qui est lui-même le noyau de la série.

Mais ce grappin est aussi complété par un timer ; en effet, le joueur a entre quatre et cinq minutes pour compléter un niveau. Cela fait de ces jeux de véritables exercices de contre-la-montre, voire même de speedruns (c’est d’ailleurs dans ce milieu que la série s’est fait connaître le plus).

Le timer

Et pour finir, chaque niveau peut avoir plus d’une sortie et donc amener à plusieurs niveaux et de ce fait à plusieurs « fins » (qui en réalité amènent directement aux crédits).

Vous l’aurez compris, en plus d’être un OVNI visuel, c’est une série très technique fondée sur la réflexion et c’est ça qui la rend très originale (et c’est entre autres pour ça que j’aime énormément Umihara Kawase). Mais en plus d’être un OVNI vidéoludique, c’est aussi une série très avant-garde sur son époque : Le premier Umihara Kawase est sorti en 1994 sur la Super Nintendo.  

Les opus de la série 🎬

La série comporte actuellement trois opus principaux et deux spin-offs. Et le premier est sorti en 1994 sur la Super Nintendo seulement au Japon. Sachez tout d’abord que tous ces jeux sont disponibles sur Steam, les épisodes principaux coûtant entre 10 et 15€.

1 – Umihara Kawase

Umihara Kawase (SNES, 1994)

Intitulé tout simplement « Umihara Kawase », c’est le jeu qui pose les bases de la série. Elle a été développée par Kiyoshi Sakai et son équipe nommée « TNN », graphiquement conçue par Toshinobu Kondo, et éditée par une branche de la NHK (oui, la NHK).

On peut voir tout ce qui fait le charme de la série : Le grappin, des niveaux complexes qui exploitent ce mécanisme jusqu’au bout, ce monde surréaliste, etc… Néanmoins, il a mal vieilli :
Dans la série en générale, nous pouvons tirer en diagonale en appuyant sur un bouton (L1/LB/L en Haut à Gauche, R1/RB/R en Haut à Droite, L2/LT/ZL en Bas à Gauche, et enfin R2/RT/ZR en Bas à Droite). Ici, il faut vraiment utiliser la croix directionnelle pour tirer en diagonale (Haut + Gauche pour tirer en Haut à Gauche par exemple)… et c’est vraiment pas évident. Ça peut se faire mais personnellement j’ai énormément de mal avec ça et je pense que ça rebutera beaucoup d’autres personnes.

De plus, les niveaux sont très inégales, entre ceux qui sont durs et d’autres qui sont très faciles.

Néanmoins, il faut le percevoir comme les premiers pas d’Umihara Kawase puisque c’est dans ce jeu qu’on voit pour la première fois tout ce qui fait le charme et l’originalité de la série.

Gameplay du jeu (Version SNES)

Par sa difficulté et ses contrôles, Umihara Kawase sur SNES n’est pas l’épisode que je vous recommande si vous voulez vous initier à ces jeux. Cela dit, il vaut quand même le coup d’œil pour voir les prémices de la chef sushi. Sa suite en revanche se rattrapera sur tous les points…


2 – Umihara Kawase Shun

Bannière du jeu sur Steam

Je le dis d’avance, il s’agit pour moi du meilleur opus de la série. Même, d’un des meilleurs jeux de plateformes de tous les temps ! Sorti en 1997 sur la PlayStation, le jeu a été crée par le même staff du premier mais cette fois sous le nom de Jackpot, et édité par Xing Entertainment.

Les contrôles ont été largement améliorés avec l’ajout du tir en diagonale (ce que j’ai expliqué tout à l’heure). Le level design est expérimental dans le premier, ici il est absolument brillant : Les premiers niveaux sont plus abordables pour les novices et la difficulté a du sens dans cet opus : plus on découvre, plus ça devient dur. Mais c’est pas tout : Le level design est tellement génial qu’il balance de nouvelles idées/obstacles au fun et à mesure qu’on avance

Mais en plus de ça, l’univers d’Umihara Kawase est sublime dans ce jeu : les décors sont encore une fois des images mais colorés, plus nettes et variés. Les décors sont la rivière Tama, une chute d’eau, une plage et une côte rocheuse, et ces quatre décors rentrent parfaitement dans l’ambiance “Promenade dans la nature” du jeu.

Et je suis très fan de la musique, elle me donne envie de partir en vadrouille dans la nature tellement elle sent bon l’aventure kawaii (NDLR : j’ai dû l’uploader sur une de mes chaînes YouTube pour vous la partager)

Bref, vous l’aurez compris, c’est mon jeu préféré de la série et celui que je vous recommande chaudement à jouer et si vous souhaitez vous initier à la série.


3 – Sayonara Umihara Kawase

Cet opus sorti sur la Nintendo 3DS (seulement sur l’eShop chez nous) est très intéressant sur plusieurs points : Premièrement, il est né plus de 10 ans après Shun, soit en 2011, et a été développé par le Studio Saizensen (actuel détenteur de la série et studio fondé par Toshinobu Kondo). Deuxièmement, tous les décors et les personnages sont en 3D (une première dans la série). Troisièmement, Kawase n’est plus la seule jouable et quatre personnages ont rejoint la série (certains ont des facultés). Quatrièmement, les niveaux sont accessibles directement par une carte : Plus besoin de refaire le jeu pour accéder à un niveau précis. Et cinquièmement, et c’est ce qui rend l’opus unique dans toute la série : Elle met en scène Kawase…  Et sa version enfant.

A l’inverse des deux autres épisodes qui sont plus focalisés sur le jeu, Sayonara Umihara Kawase a la particularité d’être un voyage nostalgique dans lequel le passé, le présent et le futur s’entrechoquent : Les décors de celui-ci sont plus urbains, les graphismes ont un côté old-school dans la veine d’un jeu Playstation 2, et en dehors de Kawase enfant et Kawase adulte, nous pouvons aussi jouer Emiko, une amie d’enfance de Kawase, et Noko Yokoyama qui est une descendante de Kawase. Le nom de « Sayonara Umihara Kawase » (qui peut se traduire par « Au revoir, Kawase Umihara ») a d’ailleurs une saveur poétique quand on ressent ce côté nostalgique.

L’univers de cet opus est un peu plus réfléchi que le premier et Shun. L’idée que le passé, le présent et le futur de Kawase se rencontrent est une idée très intéressante et pour le coup, j’aurais vraiment voulu voir une histoire dans ce jeu.

Mais est-ce que le jeu est bien ? Bien sûr ! Mais il a quelques bugs et le level-design a un aspect plus foufou que Shun. Des fois on peut mourir dans le jeu due à une erreur de collision ou parce qu’un ennemi est au checkpoint (la faculté de Kawase enfant et d’Emiko est d’avoir des checkpoints dans les niveaux).

Toutefois, Sayonara Umihara Kawase reste un excellent jeu que je vous conseille chaudement. A vrai dire, c’est pour moi le second meilleur épisode de la série.


Umihara Kawase Fresh! et Umihara Kawase BaZooKa

Pour finir, les deux spin-offs que sont Fresh! et BaZooKa sont sortis sur Switch respectivement en 2019 et 2020, et toujours développés par le Studio Saizensen. Notons toutefois que Kiyoshi Sakai n’a pas participé à leurs développements, puisque ayant pris ses distances avec la série (il n’apparaît que dans les remerciements).

Umihara Kawase Fresh est considéré comme une porte ouverte à ceux qui veulent s’initier à la série :
Le jeu est un open world, et les niveaux sont des quêtes consistant principalement à aller d’un point A à un point B (Le joueur est guidé par des flèches). Kawase a une barre de vie, elle ne meure pas en un seul coup, mais aussi une barre de faim. En effet, le joueur ramasse des ingrédients en attrapant les ennemis ou des objets (genre des tomates, des plantes ou des gouttes d’eau). Ces ingrédients permettent de créer des plats qui permettront à Kawase de se nourrir mais aussi d’avoir des facultés, tel que sauter plus haut, avoir le grappin plus long, etc. Enfin, il s’agit du premier jeu de la série à avoir une histoire !


Et pour finir, le dernier en date : Umihara Kawase BaZooKa!… qui est tout simplement un party game/arcade inspiré de Super Smash Bros. dans lequel il faut balancer des bombes soit sur les ennemis pour récolter des pièces et passer au niveau suivant, soit sur les autres joueurs pour rendre la partie plus fun. En multi ça a l’air d’être très drôle, en solo c’est très vite chiant. Quoiqu’il en soit, il porte très bien la classe de spin-off puisqu’il a pratiquement rien à voir avec la série.


Un chef-d’œuvre du jeu vidéo 🙌

Au travers de cette article et des présentations des opus, vous aurez remarqués qu’Umihara Kawase est une série très difficile à décrire : C’est un OVNI visuel, avec un gameplay spécial. Mais quand on y essaye, on ne fait plus attention à ce côté spécial, le jeu nous emportent et on y revient plus comme avant.

Je dis qu’elle est très technique et c’est le cas. Je vais même dire : Umihara Kawase peut être frustrant. Néanmoins, ce n’est pas la même frustration qu’on peut trouver dans des jeux tels que Getting Over It with Bennett Foddy, Geometry Dash ou Alt+F4. Quand on perd, on recommence le niveau certes, mais ça nous pousse à réfléchir sur les différents moyens de le terminer. Donc on essaye, et on essaye pour finalement trouver la bonne méthode et réussir. Et une fois que nous avons réussi, refaire le niveau est enfantin.

De cela et seulement dans les jeux principaux, dès qu’on les quitte, on recommence tout. ça nous permet en réalité de réfléchir à comment terminer les niveaux plus rapidement (faire du speedrun en gros).

Ensuite, nous découvrons. Tout le temps. De nouvelles techniques, mais aussi de nouveaux niveaux, qui eux-mêmes font découvrir de nouvelles techniques et de nouveaux niveaux, etc.

Et pour finir, le monde de Kawase est spécial mais elle est tellement charmante qu’on s’y attache et on ne fait plus attention à toutes ses bizarreries. On est emporté dedans de par sa musique et même ses décors.

En conclusion, Umihara Kawase est une série absolument géniale, avec un gameplay simple et en même temps complexe, un level-design brillant et un monde surréaliste mais superbe. Encore une fois, si vous devez jouer à un de ces jeux, jouez en premier à Shun, puis Sayonara puis le reste.

Si vous cherchez en tout cas un jeu frais, un jeu original qui fait réfléchir en pleine action et qui nous fait vivre une aventure, ne cherchez pas plus loin : Cette série est pour vous.

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