Heated Rivalry – Saison 1 : Nous aurons toujours le cottage

Shane et Ilya sont deux des plus grandes stars de la Ligue majeure de hockey, liés par l’ambition, la rivalité et une attraction magnétique qu’aucun des deux ne comprend totalement. Ce qui commence comme une aventure secrète entre deux jeunes recrues se transforme en un parcours de plusieurs années fait d’amour, de déni et de découverte de soi. Pendant huit ans, le duo poursuit la gloire sur la glace tout en luttant pour gérer ses sentiments en dehors. Déchirés entre le sport qui les fait vivre et l’amour qu’ils ne peuvent ignorer, Shane et Ilya doivent décider s’il y a une place, dans leur univers ultra-compétitif, pour quelque chose d’aussi fragile et puissant que le véritable amour.


Naruto Uzumaki et Sasuke Uchiwa.

Haruka Nanase et Rin Matsuoka.

Tobio Kageyama et Shôyô Hinata.

Et bien d’autres.

Pourquoi nous amusons-nous à citer des rivalités fictives alors qu’il existe beaucoup d’exemples à disposition dans la vraie vie ?

Alors, dans notre triste réalité, nous aimons tout simplifier. Les rivalités sont donc dépeintes comme juste cela : l’opposition entre deux athlètes/personnalités qui doivent “forcément” se détester et…c’est tout. Ainsi, la fiction nous accorde le privilège d’étudier plusieurs aspects de ces relations et de les nuancer. Les relations citées plus haut ne peuvent pas simplement être réduites à “machin est mon adversaire” car ce sont des personnages qui se connaissent personnellement, qui ont traversé des épreuves ensemble, qui apprennent – avec plus ou moins de déni selon l’œuvre dont on parle – à s’apprécier, etc.

Par conséquent, ces “rivalités” s’apparentent plutôt à une complémentarité remarquable entre deux personnages. Ces derniers, au final, se rapprochent plus d’âmes-sœurs que de simples adversaires. Quel est le rapport avec une romance comme Heated Rivalry, nous diriez-vous ? Cette dernière nous montre exactement cela : des personnages qui, pour le monde extérieur, sont des adversaires, mais en privé ? C’est une autre histoire. Et comme pour les relations citées plus haut, leur parcours émotionnel est semé d’embûches.

Heated Rivalry est une série canadienne réalisée et écrite par Jacob Tierney (Letterkenny, Shoresy). Sa saison 1 adapte le roman éponyme de Rachel Reid sorti en 2019. A ce propos, il s’agit du second tome de sa série littéraire Game Changers. Chaque tome de cette série de 6 (bientôt 7) romans met en scène des couples différents dans le milieu du hockey. Il y a cependant une exception : Shane et Ilya, les héros de Heated Rivalry. Ils sont également au cœur du 6e tome The Long Game et du 7e à venir, intitulé Unrivaled. Ils bénéficient également de brèves apparitions dans les autres tomes de la série.

Heated Rivalry est une production originale de la plateforme canadienne Crave diffusée fin 2025. Elle est distribuée en France par HBO Max à raison d’un épisode par semaine depuis le 6 Février 2026.


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Heated Rivalry. Cr. Sabrina Lantos © 2025

BIENVENUE DANS LE MONDE DE SHANE ET ILYA

Il était une fois, en 2008, à l’extérieur d’un stade de hockey à Regina (dans le Saskatchewan), un jeune homme tente désespérément d’allumer son briquet pour fumer une cigarette. Un autre jeune homme, qui semble braver sa timidité, s’approche de lui pour se présenter. Le briquet s’allume enfin. Les deux jeunes hommes n’échangent que quelques mots, mais l’étincelle est là. Ce sont Ilya Rozanov et Shane Hollander, ils ont 17 ans, et leur histoire ne fait que commencer.

A l’exception d’un épisode, rares sont les scènes qui ne se concentrent pas sur l’un et/ou l’autre de nos protagonistes. Nous entrons dans le monde de Shane et Ilya, nous devons donc tenter de comprendre leurs points de vue respectifs.

Tout d’abord, nous avons d’un côté Shane Hollander, Canadien aux origines Japonaises du côté de sa mère. Il est assez réservé, a un peu de mal à lire entre les lignes et à distinguer ce qui relève du sarcasme de ce qui ne l’est pas. Il a aussi tendance à prendre (presque) tout ce qu’on lui dit au pied de la lettre. D’un autre côté, il a tendance à avoir le cœur sur la main et à être plus expressif qu’il ne le réalise. Même s’il est bien entouré, il subit une pression immense de la part des médias, du public et de sa mère (qui est sa manager) pour entretenir une image lisse et maintenir des performances de très haut niveau. Ainsi, il vit dans un monde où il peut difficilement s’accorder un peu de lâcher-prise, car il représente un modèle pour des enfants qui ne se reconnaissent pas forcément dans le monde du hockey sur glace.

De l’autre côté, nous avons le Russe Ilya Rozanov. Il semble à l’aise avec lui-même mais ses barrières émotionnelles constituent une véritable forteresse. Cela dit, il n’est pas bien méchant, contrairement à l’image de “bad boy” que les médias lui ont imposée. En effet, la pression qu’il subit est en partie liée à sa famille qui l’utilise comme une banque. Par ailleurs, qu’il gagne ou qu’il perde, il continue de subir des abus émotionnels de la part de son père. De plus, il a un autre souci dans la vie et pas des moindres : la Russie. Pour rappel, il s’agit d’un pays extrêmement répressif envers les personnes LGBTQPIA+. Il est donc tout à fait compréhensible de ne pas tenter de vivre sa vérité ouvertement pour une personne bisexuelle comme Ilya. Sa vie semble donc échapper à son contrôle. Ainsi, il ne s’exprime pas toujours de manière directe. Par ailleurs, il semble isolé émotionnellement et la seule personne avec laquelle il semble s’ouvrir un tant soit peu est son amie d’enfance Svetlana.

Ajoutons à tout cela le fait qu’ils se rencontrent à un âge où peu d’entre nous avaient la science infuse, les différences culturelles, les différences d’environnements familiaux et le fait que l’un des deux a parfois un de mal à s’exprimer en anglais, etc. Autant dire qu’ils constituent des candidats parfaits à la dernière place d’hypothétiques championnats en communication. Et pourtant, leur attirance l’un pour l’autre est trop forte pour y résister.

Vous avez donc un bel exemple d’âmes sœurs embarquées dans une “situationship” (une sorte de flou relationnel). Cette situationship va durer presque 10 ans (oui, c’est long). Cela étant dit, à notre humble avis, ils sont vraiment faits l’un pour l’autre.


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Heated Rivalry -  Connor Storrie as Ilya Rozanov in Episode 102 of Heated Rivalry. Cr. Sabrina Lantos © 2025
Heated Rivalry. Cr. Sabrina Lantos © 2025

LA NUANCE REGNE

Vous aimez les récits nuancés qui partent du principe que vous êtes capables de rester concentré ? Heated Rivalry est fait pour vous. Dès la première scène, nous savons à quel genre de série nous avons affaire. Bien que cela nous peine de devoir le préciser : non, ce n’est pas le genre de série que l’on regarde en scrollant sur son téléphone ou en faisant autre chose.

En effet, pas de long dialogue d’exposition à l’horizon. Avec son style intimiste et sa narration visuelle, la série vous fait confiance pour rester attentif et lire entre les lignes, car la mise en scène de la relation entre Shane et Ilya s’appuie – fort heureusement – sur ce qui n’est pas dit. En ce sens, Heated Rivalry fait partie du club très sélectif des œuvres dont les re-visionnages sont vraiment gratifiants.

Par exemple, du fait que leur communication soit assez compliquée, Ilya et Shane apprennent donc à se connaître principalement via leurs rapports sexuels. Les chorégraphies de ces scènes sont, en ce sens, très parlantes en ce qui concerne le stade de leur relation à l’instant t : de la gêne des premiers rapports, en passant par l’exploration de certains fantasmes, on arrive assez vite à quelque chose de plus…émotionnel. Par ailleurs, nos protagonistes semblent dépenser beaucoup d’énergie à s’auto-persuader que tout cela ne s’agit que d’une attirance physique à laquelle ils cèdent pendant les saisons de hockey. Néanmoins, les expressions faciales, les gestes ou tout simplement leur attitude générale ne mentent pas : ces deux imbéciles sont amoureux l’un de l’autre depuis longtemps. Amour qui ne fait que s’intensifier dans le temps, sans trop en dire sur l’intrigue.

Les spectateurs attentifs réaliseront donc sans peine l’évidence du déni de notre couple principal – qu’il soit pour des raisons liées à un déni de sa propre orientation sexuelle (dans le cas de Shane), à la politique (dans le cas d’Ilya), à l’environnement familial ou au monde du hockey professionnel.

A ce propos, une petite précision administrative s’impose : si la série adapte principalement le deuxième tome de la saga Game Changers, à savoir Heated Rivalry, le premier tome, tout simplement intitulé Game Changer a droit à son propre épisode dans cette saison.

Il met en scène un couple (en photo ci-dessous) qui permet de relativiser la situation d’Ilya et Shane. En effet, avec Scott (à gauche) et Christopher (Kip pour les intimes, à droite), le contraste est saisissant : des personnages qui savent ce qu’ils veulent, communication très transparente, pas de Russie à l’horizon puisqu’ils sont tous les deux des citoyens d’un pays qui ne va pas les persécuter, pas de pression parentale, etc. Que demander de plus ?

Justement, cette mise en relief permet au spectateur de comprendre ce point important : il y aura toujours certains facteurs extérieurs. L’obstacle qui menace de détruire cette relation est la peur de Scott de sortir du placard – du fait du danger que cela représente pour sa carrière et la vie qu’il s’est construit – au risque de pousser son compagnon à retourner dans ledit placard. Calquée sur la bien réelle NHL, la ligue de hockey fictive de la série entretient un climat homophobe. Cependant, contrairement au monde réel, on peut imaginer sans peine une fin heureuse à ceux qui ont le courage de défier ce status-quo.

Heated Rivalry -  (L to R) François Arnaud as Scott Hunter and Robbie G.K. as Kip Grady in Episode 103 of Heated Rivalry. Cr. Sabrina Lantos © 2025
Heated Rivalry. Cr. Sabrina Lantos © 2025

DES ETOILES SONT NEES

A vrai dire, nous pourrions passer des heures à chanter les louanges de toutes les personnes ayant contribué à la sueur de leur front et avec un budget limité à ce beau projet. Cela va du magistral travail d’adaptation et de mise en scène de Jacob Tierney à la bande sonore signée Peter Peter, en passant par la direction de la photographie de Jackson Parrell ou encore la coordination des scènes d’intimité par Chala Hunter. Il en résulte une œuvre réalisée avec soin et amour pour l’univers créé par Rachel Reid, et pour la romance en général. Et cet amour est contagieux.

Enfin, difficile de ne pas parler des deux acteurs qui font et continueront de faire grandement parler d’eux : Hudson Williams (Shane) et Connor Storrie (Ilya). Que dire de plus qu’un grand bravo. Tout le long de cette saison, leurs performances respectives démontrent un niveau de maîtrise impressionnant pour des rôles loin d’être simples à jouer et ce, du maniérisme spécifique à leurs personnages aux expressions faciales qui peuvent totalement changer notre perception d’une scène. Ils portent ensemble cette œuvre à travers la belle histoire de “Hollanov”. De ce fait, il devient impossible d’imaginer d’autres acteurs incarner ces personnages.

Le succès rencontré par Heated Rivalry n’est pas surprenant, étant donné la popularité de longue date – dans le sens “plusieurs générations” quand même – des œuvres Boys Love/MM, même si les médias grand public ne semblent pas tous au courant. Par contre, l’ampleur de ce succès est une autre histoire. Entre l’annonce d’une journée nationale dédiée à Shane Hollander au Canada (29 Janvier, notez-le dans vos calendriers), des coming-out de joueurs professionnels, des watch-parties et autres fêtes en musique, les nombreuses offres que reçoivent les acteurs de la série (ils ont porté la flamme olympique !)…il y aura un paysage médiatique avant et après Heated Rivalry. Peut-être que le BL peut finalement changer le monde.

Pour finir ce (très) long article, nous souhaitons remercier Heated Rivalry pour avoir illuminé une fin d’année 2025 plus que morose pour beaucoup d’entre nous. On en ressort avec l’impression d’avoir reçu un gros câlin et – comprendra qui pourra – l’envie de rester éternellement au cottage. Comme on dit dans les fandoms : venez pour le smut, restez pour le fluff.

Heated Rivalry -  Hudson Williams as Shane Hollander in Episode 104 of Heated Rivalry. Cr. Sabrina Lantos © 2025
Heated Rivalry. Cr. Sabrina Lantos © 2025

Véritable petit bijou produit avec passion et amour, Heated Rivalry fait partie de ces œuvres réconfortantes que nous avons envie de voir et revoir pour s’imprégner des moindres détails. Une belle histoire d’amour queer qui ne nous quittera pas.

TITRE ORIGINAL : Heated Rivalry
GENRE : Romance
NB ÉPISODES & DURÉE : 6 x 50min
PAYS : Canada
RÉALISATION & SCENARIO : Jacob Tierney
D’APRES L’OEUVRE ORIGINALE DE : Rachel Reid
AVEC : Hudson Williams, Connor Storrie, François Arnaud, Robbie G.K., Christina Chang, Dylan Walsh, Sophie Nélisse, Ksenia Daniela Kharlamova
PRODUCTION : Accent Aigu Entertainment, Crave, Bell Media
DISTRIBUTEUR FR : HBO Max France
ANNÉE : 2025
Heated Rivalry © Crave / HBO Max

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