Daredevil est mort sous les coups de son pire ennemi, Bullseye. Le journaliste Ben Urich enquête sur le dernier mot que l’Homme sans Peur a prononcé : « Mapone ». Mais le chemin qu’il emprunte est semé d’embûches, et Ben croise autant d’anciens alliés que d’adversaires du justicier déchu.
Daredevil est mort. Vive Daredevil… ou pas. Cette phrase pourrait à elle seule résumer la note d’intention des auteurs d’End of Days. Comme d’habitude, débutons par une présentation rapide du personnage et du contexte d’écriture de l’œuvre. Matt Murdoch, fils d’un boxeur de seconde zone, perd la vue suite à un incident avec des produits chimiques. Il développe alors des capacités hors du commun concernant ses autres sens, notamment l’ouïe. Avocat redoutable le jour, il devient le justicier implacable la nuit en tant que Daredevil. Son but : faire régner la justice en se posant comme juge dans le quartier New Yorkais de Hells Kitchen gangréné par le crime organisé principalement par Wilson Fisk (le Caïd).
En 2006, Marvel lance un projet baptisé The End. Les auteurs sont chargés d’écrire des histoires racontant les derniers jours de certains super-héros avant leurs disparitions / morts. Ainsi, des histoires telles que Marvel Universe : The End ou bien Hulk : The End vont être publiés, et sont aujourd’hui regroupées (pour ceux que ça intéresse en VO dans un omnibus nommé The End). La mini-série Daredevil End of days va arriver bien plus tard que les autres, en 2012. Plongeons-nous alors dans ce récit atypique, teinté de noirceur.
Un scénario malin
Disclaimer à prendre en compte : Il ne s’agit pas d’un comics avec Daredevil malgré le fait que la série porte son nom. Comme dit en introduction, Daredevil va mourir dès la première planche du premier épisode. Il est sauvagement assassiné par son ennemi de toujours : Bullseye (le Tireur en français) à la vue de tous en plein cœur de New York après un combat de plus d’une heure. Sa mort a été filmée et retransmis en direct partout. Ben Ulrich, ami de Matt Murdock et journaliste du Daily Bugle, se voit chargé par J. Jonah Jameson d’écrire la nécrologie du démon de Hell’s Kitchen.
Lors du visionnage de la vidéo des derniers instants de Daredevil, Ulrich se rend compte que Murdoch prononce un dernier mot : “Mapone”. Débute alors un polar noir ou le journaliste va rencontrer tous ceux qui ont côtoyé Daredevil de près ou de loin, que ce soit allié ou ennemi, pour savoir ce qu’ils savent sur “Mapone” et la disparition de quelques années de Murdoch avant sa mort. Le scénario est haletant et ne répondra à ce mystère qu’à la dernière planche du récit.

Une plongée psychédélique ?
Une beauté indéniable
Réussite scénaristique, End of Days l’est tout autant d’un point de vue graphique. Lorsque vous avez à disposition Alex Maleev, Bill Sienkiewicz, David Mack et Klaus Janson, il est difficile d’espérer mieux. D’ailleurs, ce dernier va avoir son importance sur l’ambiance globale du récit. Nous retrouvons une ambiance sombre, crade et poisseuse qui se ressent entre les mains lorsque l’on admire et tourne les pages. S’ajoute à cela le fait que Janson apporte son expérience et sa patte qu’il avait mis au service du grand Frank Miller pour son Dark Knight Returns.

Un style Dark Knigh Returnesque ?
À l’image du personnage, n’espérez pas un comics plein de couleurs. Le rouge, le noir et le bleu nuit dominent tout au long. Cela colle parfaitement au récit qui se veut violent, plein de mystère et furieux. La série est également inventive dans la composition des planches. En effet, bien loin du gaufrier traditionnel, les artistes se lâchent en proposant des planches déstructurées, parfois chaotique, mais avec une narration visuelle des plus efficaces. Vous pouvez très bien comprendre certaines planches sans avoir besoin de lire les dialogues. Un coup de maître.
Une ambiance si particulière
Bien loin des envolées acrobatiques habituelles du personnage que l’on peut trouver dans Born Again, End of Days est un récit terre-à-terre. Ben Ulrich devient notre guide dans un Hell’s Kitchen toujours aussi froid malgré les années. Effectivement, cette mini-série se déroule quelques années dans le futur avec des personnages vieillissant marqué par leurs aventures. Ce qui permet aussi cette liberté de ton est que vous n’avez pas affaire à une histoire canonique. C’est peut-être regrettable ?
Digne d’un album de Radiohead ou d’un visionnage de The Batman, notre moral n’en sort pas indemne. La noirceur de ce qui est racontée est palpable. Matt Murdoch n’est plus le héros, ce qui permet d’en savoir plus sur lui au travers du regard de ceux qui l’ont connu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre justicier démoniaque n’est pas dépeint de manière tendre. Un basculement de point de vue hyper intéressant qui plaira autant qu’il décevra.

Daredevil : End of Days, Brian Michael Bendis, David Mack and co©2025, Panini Comics

Un récit extraordinaire mené d’une main de mettre par Brian Michael Bendis vous plongeant dans un récit sur le personnage de Daredevil. À ne pas mettre entre les mains d’un lectorat avide de voltiges et de spectacle, mais plutôt entre celles de connaisseurs du personnage. Un must have obligatoire dans une bibliothèque de comics.
TITRE ORIGINAL : Daredevil : End of Days
GENRE : Super-héros (Elseworld)
PAYS : Etats-Unis
ÉDITEUR ORIGINAL : Marvel Comics
AUTEUR : Brian Michael Bendis
ILLUSTRATEUR : David Mack / Alex Maleev / Bill Sienkiewicz
COLORISTE : Matt Hollingsworth
ÉDITEUR FRANÇAIS : Panini Comics
Daredevil : End of Days, Brian Michael Bendis, David Mack and co©2025, Panini Comics









