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Maria élève seule ses deux fils, Ryan et Dario. À eux trois ils tiennent le stand de tir dans une petite fête foraine. Après une balade à moto avec son grand frère, Dario disparait et reste introuvable. C’est seulement le lendemain qu’il réapparait blessé et muré dans le silence. Vingt ans plus tard, à la mort de leur mère, les deux frères se retrouvent. Dario a reconstruit sa vie au Canada, alors que Ryan est lui, resté à Ferris Wheel, vivant du stand et de petites combines. Dario redécouvre cette vie foraine, presque oubliée, et la famille qui la compose. Mais un soir, parmi l’entourage de Ryan, il se retrouve par hasard, face à l’un de ses ravisseurs. De ce jour, les deux frères doivent composer avec d’un côté la vengeance, et de l’autre, le pardon…
Sans Pitié est une proposition rare dans le cinéma français actuel. Pour son premier long-métrage, Julien Hosmalin s’éloigne du drame social classique pour instaurer une ambiance poisseuse, où le métal et la rouille deviennent des éléments de décor à part entière. Au-delà du simple cadre social, le réalisateur filme les friches industrielles comme un véritable western moderne, où les liens du sang deviennent un piège dont personne ne ressortira indemne. Issu de l’école du montage et du clip, le cinéaste apporte une énergie visuelle puissante au récit. Il revendique son amour pour le cinéma des années 90, privilégiant l’impact visuel et la tension permanente à chaque plan.
Une esthétique poisseuse
Le film marque les esprits par son univers visuel saisissant. Avec ses tons jaunâtres et terreux, l’image donne l’impression que la saleté du décor a fini par déteindre sur les personnages. Entre le stand de tir de Ferris Wheel et les néons fatigués de la fête foraine, le réalisateur filme un conte noir où la tension est permanente. La caméra reste au plus près des visages pour capter les non-dits et la douleur brute des protagonistes.

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Un lien fraternel à vif
Le film repose sur la performance des acteurs, dirigés comme deux éléments opposés qui tentent de se reconnecter après vingt ans d’absence.
- Tewfik Jallab (Rayan) : Totalement métamorphosé, il incarne un aîné imprévisible et envahissant. Coincé dans sa vie foraine, chaque éclat de voix cache une profonde détresse. C’est une force de la nature aussi bruyante que désespérée.
- Adam Bessa (Dario) : Tout en retenue et en regards sombres, il joue cet homme revenu d’exil, hanté par un traumatisme qu’il ne peut exprimer par les mots. Son silence est une menace constante.

La vengeance au coeur du drame
Si le récit commence comme un drame de retrouvailles, il bascule ensuite vers le film d’action pur et dur. Cette radicalité offre des séquences chocs sans jamais oublier l’émotion. Les femmes jouent un rôle clé : la mère (Laura Sépul), dont l’absence pèse sur toute l’intrigue, et Julia (Bérangère McNeese), qui apporte une véritable respiration à l’ensemble. La musique, tendue et mélancolique, prend le relais quand les dialogues ne suffisent plus.


Sans Pitié est une claque viscérale qui assume son esthétique jusqu’au bout. S’appuyant sur les codes solides du genre, la mise en scène stylisée de Julien Hosmalin et l’alchimie brute du duo Bessa-Jallab rendent l’ensemble magnétique. C’est un premier essai nerveux qui prouve que le cinéma de genre a encore sa place en France.
TITRE ORIGINAL : Sans pitié
GENRE : Drame, Thriller
TECHNIQUE : Prise de vues réelles
DURÉE : 1h34
PAYS : France et Belgique
DATE DE SORTIE FR : 14 janvier 2026
RÉALISATION : Julien Hosmalin
SCÉNARIO : Julien Hosmalin, Olivier Torres, Kamel Guemra, Myriam Dupuis et Henri Loevenbruck
AVEC : Adam Bessa, Tewfik Jallab, Jonathan Turnbull, Laura Sepul, Bérangère McNeese et Wim Willaert
PRODUCTION : Same Player, Les Films du Worso, WTFilms et Let Me Be
DISTRIBUTEUR FR : Moonlight Films Distribution






