Quatre ans après sa malencontreuse altercation avec la mafia russe, Hutch doit toujours 30 millions de dollars à la redoutable organisation et s'efforce de rembourser en enchaînant sans répit les contrats d'une liste de criminels à abattre, aussi interminable qu'internationale. Bien qu'il apprécie le caractère intense de son "travail", Hutch se retrouve vite surmené, tout comme sa femme Becca, et ils s'éloignent inexorablement l'un de l'autre.
Après un premier volet explosif en 2021, Bob Odenkirk renfile la dégaine d’Hutch Mansell pour notre plus grand plaisir avec Nobody 2. Cette fois-ci, changement de réalisateur, ce nouvel opus est sous la direction de Timo Tjahjanto (The Night Comes for Us). Derek Kolstad (saga John Wick) garde son poste de scénariste dans ce nouveau volet qui nous entraîne, non sans bobos, dans une heure trente d’action pure à la fois fun et jubilatoire, mais cette fois-ci, en famille !
Il faut croire que cet été est placé sous le signe des suites chez Universal Pictures. En effet, comme pour le nouveau DreamWorks, Les Bad Guys 2, Nobody 2 nécessite tout de même le visionnage du premier film, pour saisir le principal de l’enjeu narratif de cette suite.
Un volet centré sur la famille Mansell
Là où le précédent film se concentrait exclusivement sur notre protagoniste principal, Nobody 2 place, cette fois-ci, la famille Mansell au premier plan. Ici, il n’est pas question d’un héros qui replonge dans la violence ; il y est déjà et doit accumuler, voire enchaîner à la pelle, les missions pour rembourser les 30 millions de dollars de la mafia russe qu’il a volontairement brûlé, lors du premier film (oups !). Des missions qui, hélas, l’éloignement de sa famille en le ramenant presque au point de départ du premier film, son couple en péril en bonus.
Mais comme tout bon humain qui se respecte, Hutch (toujours interprété par un Bob Odenkirk au meilleur de sa forme) voit ses limites atteintes et réclame enfin des vacances dans un lieu tout trouvé : Plummerville où les plus belles vacances de son enfance. Néanmoins, les lieux ont bien changé et sont devenus la plaque tournante de la drogue pour tout le pays… Et à notre grand étonnement, notre héros va encore se retrouver lié à tout ça, après une violente altercation totalement random avec des voyous locaux, qui n’a pourtant rien à voir avec toute cette affaire. Ainsi, notre héros et sa famille, vont attirer sur eux l’attention de l’esprit criminel le plus dérangé et le plus sanguinaire qui soit (aïe, encore !)

Une ré-exploitation des codes
Ce nouvel opus n’hésite pas à se servir d’une bonne partie des codes et des éléments narratifs du premier volet, pour le meilleur comme pour l’améliorable. En effet, dès les premières secondes, le film exploite de nouveau cette séquence un peu gimmick de l’interrogatoire, servant d’ouverture et de conclusion du récit ; de façon assez astucieuse, car imposant déjà le ton familial de cet opus. Globalement, les procédés narratifs restent les mêmes ; tellement, que le film s’amuse à jouer volontairement avec cet aspect. On pense notamment à la séquence de baston avec les voyous qui vont être l’élément déclencheur du récit.
La force de ce Nobody 2 réside tout particulièrement dans la mise en avant de la famille Mansell. Nous saisissons d’autant plus certains enjeux, sous-textes ou encore des questionnements qui étaient pour la plupart restés sans réponse concrète lors du premier volet ; notamment concernant la backstory de Becca Mansell, dont le personnage, interprété par l’exceptionnelle Connie Nielsen, est ici exploité à son plein potentiel, et ce, pour notre plus grande joie.
À lire aussi : Les Bad Guys 2 : Un retour de haute volée
On regrettera néanmoins, comme pour le premier film, un antagoniste encore un peu trop invisible, bien qu’on ressente déjà une nette amélioration vis-à-vis de Yulian Kuznetsov, l’antagoniste (transparent) du premier film. Ici, Derek Kolstad sauve les ponts en nous offrant un antagoniste, caïd de la drogue complètement folle et sanguinaire du nom de Lendina, interprétée par une Sharon Stone toujours aussi convaincante, bien qu’encore un peu sous-exploité et encore victime d’un climax particulièrement facile, mais qui reste réjouissant à voir. Mais au-delà de ça, nous prenons un véritable plaisir coupable devant un Christopher Lloyd toujours aussi explosif dans le rôle de David Mansell, le père de notre héros.

Un dynamisme conservé
Du côté de la réalisation, Timo Tjahjanto conserve, dans l’ensemble, la même recette que son prédécesseur, aussi bien dans le fond que sur la forme ; à savoir, des séquences d’action explosives, particulièrement rythmées, dynamiques et jubilatoires, au service d’un film qui l’est tout autant. Le côté comédie n’est pas sacrifié non plus, le long-métrage est très fun, et on prend ainsi plaisir à retrouver, de façon fidèle, les personnages imaginés par Derek Kolstad, en découvrant d’autant plus sur eux.
Globalement, Nobody 2 est un long-métrage sans prétention, qui ne se veut pas réinventer le genre façon John Wick, et conserve, de ce fait, une réalisation de haute volée, accompagnée d’une alléchante photographie, respectant les codes ce genre de film d’action de manière plus grand public (bien sûr à recommander aux spectateurs avertis). En bref, un second opus qui ne trahira pas les aficionados du genre, et qui retrouveront tout le charme et le peps qui ont fait le succès du premier ; le côté familial en plus !


Réutilisant les codes du premier volet à son avantage, ce nouvel opus de Nobody nous offre un cocktail de scènes d’action jubilatoire, à travers une réalisation toujours aussi rythmée et dynamique, portée par un duo Bob Odenkirk / Connie Nielsen toujours en pleine forme. Ce nouveau volet nous offre ainsi un volume nettement plus centré sur la famille Mansell en nous en apprenant davantage sur la backstory et l’avenir de cette famille coup de poing. On regrettera néanmoins un antagoniste encore un peu en retrait, mais déjà plus présente que celui du premier opus. En bref, Ce Nobody 2 est la comédie d’action à déguster sans modération cet été.
TITRE ORIGINAL : Nobody 2
GENRE : Action, thriller, comédie
TECHNIQUE : Prise de vues réelles
DURÉE : 1h29
PAYS : États-Unis
DATE DE SORTIE FR : 13 août 2025
RÉALISATION : Timo Tjahjanto
SCÉNARIO : Derek Kolstad et Aaron Rabin
AVEC : Bob Odenkirk, Connie Nielsen et Christopher Lloyd
PRODUCTION : 87North, Eighty Two Films et Odenkirk Provissiero Entertainment
DISTRIBUTEUR FR : Universal Pictures
© 2025 Universal Studios. All Rights Reserved.
Tout public avec avertissement







